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最終更新日:2026年10月16日
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専門フランス語(37)
【研究演習】Écrire l’histoire des études coloniales françaises
Comment les savoirs contribuent-ils à la construction d’un empire ? Dans le cas français, la question se pose à partir des années 1880, lorsque l’expansion coloniale coïncide avec de profondes transformations de l’enseignement supérieur et des sciences humaines et sociales. De nouvelles disciplines, alors qualifiées de « sciences coloniales », apparaissent dans les universités et les grandes écoles : histoire et géographie coloniales, ethnologie, législation coloniale ou encore psychologie coloniale.
Ces savoirs sont produits et diffusés par des professeurs, des experts et des administrateurs, mais aussi par des sociétés savantes, des revues, des musées et des maisons d’édition. Ils circulent entre la métropole, les territoires colonisés et l’étranger. Loin de former un ensemble parfaitement homogène, ils font l’objet de débats et de concurrences entre des acteurs, des institutions et des courants de pensée différents, qui adoptent parfois des positions contradictoires face au fait colonial.
Comment alors écrire l’histoire de ces études coloniales ? Cette tâche exige non seulement de s’intéresser aux institutions et aux productions intellectuelles, mais aussi de reconstituer des trajectoires individuelles, des réseaux intellectuels, des pratiques d’enseignement et des circulations internationales. Ces savoirs ont laissé des héritages dont les effets se font encore sentir plusieurs décennies après les décolonisations. Leur histoire conduit ainsi à s’interroger sur les rapports entre savoir et pouvoir, mais aussi sur les frontières entre disciplines et sur la place des mondes extra-européens dans la formation des sciences humaines et sociales françaises.
Ce séminaire poursuit un cycle consacré aux différentes manières d’écrire l’histoire. Après une première réflexion sur la façon de faire de l’histoire à partir des travaux de Marc Bloch en 2024, puis sur l’histoire des sensibilités à partir de ceux d’Alain Corbin et d’Hervé Mazurel en 2025, nous changerons d’objet et d’échelle tout en conservant une même interrogation méthodologique : comment l’historien construit-il son objet à partir de sources, de catégories d’analyse et de questionnements hérités ?
Pour explorer ces questions, nous lirons ensemble « Professer l’Empire. Les 'sciences coloniales' en France sous la IIIe République » de Pierre Singaravélou. Selon le profil du groupe, cette lecture pourra être complétée par des chapitres choisis de « Territoires impériaux. Une histoire spatiale du fait colonial », ouvrage collectif dirigé par Hélène Blais, Florence Deprest et Pierre Singaravélou. La mise en regard de ces deux ouvrages permettra de comparer deux approches complémentaires : l’histoire sociale et intellectuelle des savoirs coloniaux et l’histoire de la construction des espaces impériaux.
Le cours peut être suivi indépendamment et ne suppose aucune connaissance préalable de l’histoire coloniale. Un niveau de français suffisamment élevé — niveau B2 du CECR ou équivalent — pour lire un ouvrage scientifique et participer à un séminaire de recherche est cependant exigé.
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